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C'était il y a si longtemps...

Création : 04/05/2012 à 11:21 Mise à jour : Hier à 02:19


 
 
 

 
 
 
Beaucoup de souvenirs me sont revenus. Je vais vous les raconter.
 
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#Posté le vendredi 04 mai 2012 11:33

Immortelle.

Immortelle.
 
Mes cheveux ont repoussé, tu as vu? C'est toi qui m'as dis que changer était le seul moyen de percevoir le temps pour nous autres, Immortels...
Mais tu te trompes. Notre Immortalité ne change rien à ce que nous sommes. Notre différence ne tient qu'à notre propre perception de nous-même; c'est elle qui change, pas nous. Nous décidons des aspects de nous-même à montrer, ceux à cacher. Tu ris, tu te moques de moi, mais au fond de ton âme tu sais que j'ai raison! J'ai mal, tu sais... Nous sommes des créatures si seules, mon amour...
​ 28 | 2 |
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#Posté le vendredi 04 mai 2012 12:11

Modifié le vendredi 04 mai 2012 16:19

Jour de pluie.

Jour de pluie.
 
Une goutte d'eau avait effleuré mes lèvres. J'ai levé mon visage vers le ciel, et l'océan perle m'a engloutie. Comment les hommes peuvent-ils souhaiter le soleil lorsque la pluie est si lumineuse?
​ 32 | 9 |
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#Posté le vendredi 04 mai 2012 12:25

Modifié le vendredi 04 mai 2012 13:00

Elle.

 
 
Elle.
 
 
 
J'ai rêvé d'elle. Ou peut-être était-ce l'inverse? Elle dansait au bord d'un fleuve ou d'une rivière. Elle riait, du rire de ceux qui n'ont jamais connu autre chose que la joie pure; elle semblait si jeune, mais je pouvais voir dans son regard le reflet de l'âme du Monde.
Qui était-ce?
​ 19 | 13 |
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#Posté le vendredi 04 mai 2012 14:32

Modifié le vendredi 04 mai 2012 17:44

Vol.

Vol.
 
La sensation du vent dansant à travers la douceur duveteuse des ailes déployées, grisante et voluptueuse comme les caresses d'un bon amant.
Je tombe.
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#Posté le vendredi 04 mai 2012 15:16

Le Phénix.


Le Phénix.
 
 Brûlure violente, espoir vivant d'une existence nouvelle.
​ 12 | 1 |
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#Posté le samedi 05 mai 2012 09:17

Modifié le lundi 07 mai 2012 08:19

L'Artiste.


 
L'Artiste.

 


La pluie avait détrempé le sol et fait déborder les caniveaux. La jeune femme en fit l'amère expérience lorsqu'une petite voiture, attelée de deux superbes chevaux gris et aux couleurs de quelque noble famille passa à grande vitesse près d'elle, l'éclaboussant par la même occasion.
Elle glissa sur le pavé, ses jupons étalés sous elle comme les corolles d'une fleur. Ramassant sa jupe, elle se releva maladroitement et continua son chemin, la démarche mal assurée, vers le lieu qui à présent représentait la seule chose à laquelle elle était encore attachée.
Il attendait, elle le savait, en préparant avec minutie la grande toile blanche qui servirait à l'expression de son art.
Leurs rencontres n'avaient rien de régulier, si bien qu'il ne sût jamais si cette jeune femme, qui ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ou vingt-six ans viendrait chez lui jouer ce rôle qui depuis quelques mois était le sien.
Elle était sa Muse, la seule personne qui comptât pour lui. Elle le savait.
Elle se hâta, pressée qu'elle était de rejoindre son artiste, comme elle le nommait parfois devant ses compagnes d'infortune lorsque la nuit finissant elles allaient boire du café chez l'une d'elles qui avait fait bonne recette.
Celles-ci, et ce dès les premiers temps de leur étrange relation, avaient émis des réserves à la voir ainsi "gaspiller son temps à rêver."
Elle n'avait pas répondu et les autres, lassées, s'étaient résignées à l'écouter jour après jour, secrètement envieuses de la liberté et du petit peu de joie de vivre qu'elle avait retrouvé.
Elle y arriva enfin. C'était là, au troisième étage d'une petite maison sans prétention, dans une chambre de bonne sous les combles qu'officiait le jeune homme.
Elle gravit les escaliers grinçants sur la pointe de ses souliers usés par les années, hésitant un instant sur le pas de la porte.
Elle frappa doucement, se doutant qu'il avait sans doute dû la voir arriver de loin. En effet, elle n'avait pas achevé son deuxième coup que la porte s'ouvrit toute grande, et que celui qui la hantait jusqu'en ses rêves les plus profonds apparut sur le seuil.
En entrant, elle déposa un bref baiser sur sa bouche enfantine, le sourire aux lèvres. Otant son châle, qu'elle posa sur un fauteuil branlant près du lit, elle alla ouvrir la fenêtre de verre teinté, laissant entrer la lumière dans l'obscurité colorée de la pièce. L'odeur douceâtre de la peinture, des solvants et des divers ingrédients éparpillés un peu partout à travers la chambre, mêlée aux senteurs des lilas poussant sur le balcon voisin lui fit tourner la tête. Elle ferma les yeux, se laissant quelques instants guider par ses autres sens. Puis, d'une main experte, se mit à délacer le corsage serré qui retenait sa poitrine comme dans un carcan et laissa glisser sa robe qui finit par tomber à ses chevilles.
Elle la plia sur le fauteuil; du coin de l'½il, elle vit le garçon, toujours immobile, qui la regardait faire.
Il alla chercher le chevalet et installa sa toile dessus tandis que la jeune femme allait s'allonger sur le lit qui prenait près du quart de l'espace de la chambre.
Le drap glissa, dévoilant une épaule sur laquelle un huit couché, symbole de l'infini, était tatoué à l'encre noire.
Elle releva la tête, fixant du regard le jeune homme qui l'observait, nullement gêné par sa nudité assumée. Debout devant son chevalet, il esquissait au fusain la silhouette lascive de sa compagne.
Aucun mot n'était prononcé; nul geste ni conseil, juste le regard pour communiquer. Ils n'avaient besoin de rien d'autre.
Car, entre l'artiste et la muse, point de dialogue-y en aurait-il eu un que le charme s'en serait trouvé rompu.


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#Posté le samedi 05 mai 2012 10:41

Modifié le samedi 05 mai 2012 11:44

L'Artiste (suite).


 
L'Artiste (suite).
 
 
La fenêtre ouverte faisait entrer une douce brise, et la jeune femme regarda ses lourdes boucles rousses s'embraser sous l'or d'un rayon de soleil, sachant que son ami appréciait cet éclat si particulier.
Elle bougea encore, son corps d'une blancheur immaculée jurant avec la parure du grand lit à baldaquin où elle s'étira. On pouvait deviner, sous le mince tissu, la naissance d'un sein.
Cela l'amusa, et son rire cristallin résonna dans la pièce, faisant sourire le dessinateur.
Il la regardait d'un air attendri, auquel elle répondit par un sourire moqueur; il en était toujours ainsi entre eux deux.
Sa fascination pour elle, qui lui réchauffait le c½ur, et le corps parfois, était née longtemps auparavant...Plus que sa flamboyante beauté, c'était ce qu'elle dégageait, cette sorte d'aura qui l'entourait qui avait eu raison de lui; la grâce de ses gestes, la légèreté de ses mouvements, cette façon qu'elle avait d'être à lui sans vraiment s'offrir, tout cela le perturbait dans sa perception du monde.
Il faut savoir que c'était une femme de petite vertu, qui avait connu plus d'amants qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel, un soir d'été. Pourtant, pas un seul de ceux-là n'aurait pu prétendre qu'elle se fût offerte à lui comme elle le faisait dans cette chambre, au regard fiévreux de son ami, ce garçon dont elle ne connaissait pas même le nom.
Elle l'aimait bien, pourtant, avec ses grands yeux d'un bleu glacé frangés de longs cils aussi blonds que ses cheveux en bataille, qui lui donnaient presque un air efféminé. Il semblait toujours souriant, bienveillant.
Elle aimait qu'il la regarde. Cela ne ressemblait en rien aux regards avides de ses clients, souvent saouls et qui ne lui témoignaient pas le moindre respect.
En revanche, elle savait qu'il lui offrirait une pomme, son fruit favori, qu'elle mangerait sur la terrasse. Il la regarderait alors avec ce sourire qui lui ferait oublier qu'elle serait dans quelques heures à peine dans les bras d'un autre qui lui ne la traiterait pas avec autant d'égards.
Mais pour le moment elle était rêveuse. Ses problèmes quotidiens lui semblaient si loin...
Elle sentit la caresse du soleil sur sa cuisse nue et se laissa aller à cette douce étreinte, ferma les yeux.
Des yeux magnifiques, d'une couleur vert émeraude intense que le jeune homme s'efforçait de restituer au travers des nombreux tableaux qu'il faisait d'elle, et d'elle seule, et qui semblaient brûler d'une fierté contenue qu'à grand peine.
L'insolence s'y inscrivait, sans pour autant faire montre de la moindre once de mépris, ni de malveillance.
Il avait remarqué sa moue lorsqu'il s'attardait sur la courbe d'une hanche et celle, gourmande, qui animait sa bouche rose qu'il aimait tant embrasser, lorsqu'elle la lui cédait.
Il ne savait pas son nom. A quoi bon, d'ailleurs? Elle était à lui: c'était son univers, son inspiration, son rêve. Il n'ignorait rien de sa situation, mais il avait été décidé qu'il n'en tiendrait pas compte, et il ne l'en respectait que davantage. Ils avaient peut-être son corps, mais c'était bel et bien lui qui possédait la clef de son âme.
Elle n'avait pas le moindre secret pour lui; il savait parfaitement pour quelles raisons elle s'abandonnait ainsi, sous son fusain et ses pastels.
Lui-même ne vivait plus que pour ces moments volés qu'elle lui offrait. C'était son archipel, mais il pouvait passer plusieurs jours, voire semaines avant qu'elle ne vienne ainsi frapper à sa porte.
Parfois aussi, des marques sombres de coups venaient trancher sur la peau d'albâtre de la jeune femme. Il ne disait rien, bien sûr, mais n'en pensait pas moins.
D'autres fois encore, elle arrivait les yeux rouges, son fard traçant de longues traînées noires sur son visage marqué par l'âge et les privations. Il lui lavait le visage; elle ne disait jamais rien, lui non plus. Pas une plainte, pas un sanglot. Seuls, leurs yeux parlaient.
 
 
 
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#Posté le samedi 05 mai 2012 11:48

L'Artiste (fin).


L'Artiste (fin).
 
 
Il l'aimait. Trop, c'était certain. Trop pour comprendre. Et sans doute trop également pour remarquer la rondeur nouvelle de son ventre, la lourdeur de ses seins, et ce que cela pouvait impliquer.
Que c'était le sien.
Bien sûr, elle ne le lui dirait pas. Par orgueil, tout d'abord, puisque c'était autant son enfant à lui que le sien.
Par peur, ensuite, qu'il la rejetât. Elle pouvait supporter le mépris de tous, mais pas le sien. Lorsque sa grossesse deviendrait évidente, elle disparaitrait.
Car pour rien au monde elle n'aurait pu renoncer à ce petit être qui grandissait dans son ventre, ultime reliquat d'une humanité qu'elle avait peu à peu perdue. Elle ne le pouvait pas, ni ne le voulait.
La toile terminée, il rangea ses outils; mais au lieu de lui offrir un fruit comme à son habitude, il se contenta de rester là, la regardant s'habiller d'un air grave.
Elle s'en aperçut. Une fois vêtue, à l'exception du châle, elle s'assit sur le lit, l'invitant d'un geste à faire de même. Il s'agenouilla devant elle, souriant doucement, et lui prit les mains dans les siennes.
Une larme coula des yeux d'émeraude. Une seconde suivit, et une autre encore.
Toutes les larmes qu'elle avait jusque là refoulées glissèrent silencieusement sur son visage de nacre, tandis qu'assis à côté, caressant ses cheveux de cuivre, il la berçait lentement.
Lorsqu'enfin, épuisée te rompue, ses pleurs se tarirent, il l'attira contre lui et posa sur ses genoux tremblants la pomme du péché originel.
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#Posté le samedi 05 mai 2012 11:52

Ses archives (18)

  • L'Artiste (suite). sam. 05 mai 2012
  • L'Artiste (fin). sam. 05 mai 2012
  • La Dague. lun. 07 mai 2012
  • L'Enveloppe. lun. 07 mai 2012
  • L'Ange. lun. 07 mai 2012
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